Trouver le ton, ouvrir mes lèvres et sentir la puissance des mots que je n’ose prononcer.
Pourtant, les laisser silencieux puis les écrire.
Les mots, nourriture parfaite, mais mortelle pour ceux qui les utilisent à leurs fins. Ces mots ne sauraient être dociles si l’on tentait de les contrôler.
Ces phrases si vivantes dans mon esprit parfois se lassent d’attendre leur liberté. Cette liberté que je donne sans un bruit, sur mon papier.
Elles passent dans mon corps, comme si elles cherchaient une sortie, se tordent dans mon ventre, s’arrêtent quelques instants dans mon cœur et se coincent dans ma gorge.
Mais mes écrits et mon style sont plus rebelles et plus puissants que jamais.
Ils savent diriger ce qui reste de mes idéaux, partager ces pensées libératrices et fortes d’avoir été si longtemps retenu.
Lier ces mots à cette parole, les rassembler juste pour faire comprendre, juste pour expliquer.
Puis me taire à nouveau. Car, finalement, même si ma voix se fait calme, mes yeux, mon cœur et mes mains parlent pour moi.

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