GUILLAUME LAMARRE NOUS RACONTE LE STORYTELLING – INTERVIEW D’UN HOMME PASSIONNÉ

À l’occasion de la sortie de son livre « Festins » aux éditions Pyramyd le 17 septembre prochain, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Guillaume Lamarre, auteur et formateur spécialisé dans le storytelling et le management de la création.

Guillaume Lamarre n’en est pas à son premier coup d’essai, puisqu’il est également l’auteur de « La voie du créatif », un livre plein d’astuces et de bons conseils pour développer sa créativité dans tous domaines. Puis « L’art du storytelling », un manuel pour les lecteurs ayant envie de comprendre les fondamentaux du storytelling que ce soit pour transmettre un message ou positionner une marque.

Dans cette interview inspirante, Guillaume Lamarre nous livre ses conseils sur cette technique du storytelling et ses différentes caractéristiques.

  1. Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis auteur et formateur. Mes deux sujets de prédilection sont le storytelling ainsi que tout ce qui concerne la création et le déploiement du processus créatif. J’ai été directeur artistique pendant un vingtaine d’années, spécialisé dans la mise en scène éditoriale et la stratégie de contenus. Je collabore régulièrement avec des marques telles que BNP Paribas, Sanofi, Engie, Cartier ou des groupes de presse tels que Les Echos-Le Parisien ou Ouest-France. J’ai écrit trois livres, “La Voie du créatif” qui décrit comment exploiter sa créativité au quotidien, “L’Art du Storytelling », un manuel de communication sur cette technique. Mon prochain ouvrage sort le 17 septembre prochain. Il s’intitule “Festins”.

J’ai rencontré dix grands chefs cuisiniers dans toute la France. Je démontre à travers leur parcours, leur méthode et leur savoir-faire comment ces personnalités peuvent tous nous inspirer dans une période qui s’avère pour le moins compliquée.

  1. Parlons de votre maîtrise qu’est l’art de raconter des histoires. Comment vous êtes-vous formé ?

Je ne sais pas si je maîtrise réellement cet art ! En tous les cas, il me passionne. Ce qui le rend si magique c’est, qu’à mon sens, il ne peut exister aucune formation pour l’apprendre et en même temps, tout est matière pour le découvrir. Mon passé de journaliste m’a, sans aucun doute aidé, mais également mon enfance ainsi que mon adolescence. Elles ont été des périodes fondamentales pour comprendre comment fonctionnait une histoire. Je me suis littéralement immergé dans la culture “Comics”, “Mangas”, jeux vidéos et jeux de rôles. J’ai été profondément retourné par les films des années 1980 et 1990 : “Star Wars”, “Indiana Jones”, “Les Goonies”, “Retour vers le futur” ou “Terminator” pour n’en citer que quelques uns. Toute cette culture, dite populaire, s’est mélangée à ma culture dites classique et littéraire.

Plus concrètement, j’ai passé un executive master à Science Po Paris durant lequel j’ai écrit un mémoire sur le sujet. Je me suis aperçu qu’il n’existait quasiment aucun ouvrage traitant concrètement du storytelling. J’ai décidé de m’en emparer.

  1. Quels sont selon vous, les grands principes liés à cette technique ?

Le storytelling s’envisage de deux manières distinctes mais complémentaires. Le premier aspect est lié à la technique en elle-même. Il s’agit de transmettre un message sous la forme d’un récit, peu importe la forme : vidéo, keynote, illustration ou article… Les histoires racontent toutes quasiment la même histoire et sont constituées des mêmes éléments (structure, intrigue, personnages…) Le second aspect concerne la culture diffusée par la marque, l’entreprise ou l’individu. C’est d’autant plus exigeant aujourd’hui qu’il s’agit d’être cohérent à chaque point de contact entre la marque et son public…

  1. Aujourd’hui, les entreprises veulent se démarquer, surtout sur Internet. Pensez-vous que le storytelling puisse être la clé pour sortir du lot ? Quelle serait la qualité principale afin de proposer LA bonne histoire ?

Le storytelling est la clé, mais il l’a toujours été. A l’heure de la dérégulation du marché de l’information s’emparer de son propre récit, être en mesure de le diffuser à chaque heure de chaque jour ou de chaque nuit est une gageure. Mais cette exigence est centrale. Au delà d’un produit ou d’un service, une entreprise vend également du sens. Les qualités principales seraient la cohérence et l’authenticité.

  1. Justement, comment considérez-vous les notions « d’authenticité » et « d’éthique » dans cette stratégie de communication ?

Centrales bien entendu, comment pourrait-il en être autrement ? Il s’agit de raconter UNE histoire et non des histoires. Au delà d’une dimension éthique, je crois qu’il faut désormais raisonner en terme d’écologie de la communication. L’attention de nos publics est aussi précieuse que notre environnement naturel. Il est central pour les entreprises et les marques de la considérer avec le plus grand soin.

  1. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite développer sa marque grâce au storytelling ?

En premier lieu de partir de ce qui résonne le plus fondamentalement en lui. Les histoires que nous racontons le mieux sont celles que nous aimons le plus. Croyez-moi c’est ce qu’il y a de plus difficile à faire car, paradoxalement et particulièrement dans notre univers professionnel, nous accordons que peu d’importance à ce que nous sommes et ce que nous aimons.

Dans le même temps, il s’agira de partir de son public. Un storyteller ne raconte pas son histoire mais celle de son auditoire… Observez le travail des maîtres du genre dans le cinéma, la littérature ou les séries… Ils parviennent tous à créer ce pont entre l’intime et l’universel… Bonne chance !

  1. La créativité tient une grande part dans vos livres. « Festins », le dernier en date actuellement en prévente, en est, une fois de plus, un parfait exemple. Où trouvez-vous votre inspiration ?

Question difficile. Tout est pré-texte. Chacun de mes ouvrages a inspiré le suivant. D’une manière générale, ce qui m’inspire ce sont les personnalités qui parviennent à développer une compétence hors norme, peu importe le domaine. Observer le parcours d’un créatif c’est un peu comme découvrir un nouveau super héros. Un individu qui, par son travail, et plus particulièrement l’amour de son travail est parfois en mesure de faire avancer notre société. Il s’agit, à mon sens, d’une grande source d’espoir pour notre avenir.

Je remercie chaleureusement Guillaume de m’avoir accordé ce temps d’échange et d’avoir bien voulu répondre à mes questions.